Sierre-Zinal 2026 : le Team ASCENT au cœur de la classique suisse 🇨🇭
- Ibex outdoor
- il y a 3 heures
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32 kilomètres, environ 2 200 mètres de dénivelé positif et un plateau qui rassemble chaque année une partie des meilleurs traileurs mondiaux : Sierre-Zinal occupe une place à part dans le calendrier international. Entre la longue ascension qui ouvre la course, les balcons rapides en altitude et la descente finale vers Zinal, la classique suisse demande autant de qualités physiques que de maîtrise dans la gestion de l'effort.
Pour cette édition 2026, quatre athlètes du Team ASCENT / Ibex outdoor étaient au départ : Capucine Leys, Blandine Orsini, Cyprien Aillet et Anthonin Iragne. Quatre athlètes, mais quatre contextes différents. Pour certains, Sierre-Zinal constituait un véritable objectif de l'été ; pour d'autres, la course s'intégrait dans une préparation plus longue en vue des prochaines échéances.
Au terme du week-end, les résultats viennent confirmer la progression collective du groupe, avec notamment la plus belle performance de la saison de Capucine, un premier Sierre-Zinal très prometteur pour Cyprien et un nouveau chrono de référence pour Anthonin.

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Capucine Leys signe sa course la plus aboutie de la saison 👏🏼
Après un début de saison encourageant et un titre de Championne de France universitaire, Capucine arrivait en Suisse avec plusieurs semaines de travail spécifique dans les jambes. Depuis le Cross du Mont-Blanc, l'entraînement avait notamment permis d'allonger progressivement les sorties longues et de multiplier les séances spécifiques dans les fortes pentes.
Une préparation exigeante qu'elle a dû mener en parallèle de ses examens et de son travail. Une réalité importante dans la construction de son projet : progresser sportivement sans dissocier l'athlète de la personne et des contraintes qui composent son quotidien.
« Ces dernières semaines ont été rythmées de hauts et de bas, elles m'ont mise à l'épreuve. Mais j'ai avant tout apprécié allonger les sorties longues sur plusieurs heures d'effort et me frotter aux séances spécifiques dans le pentu. »
Sierre-Zinal représentait également un cap psychologique. La réputation de la course, son exigence et la densité du plateau avaient longtemps nourri quelques doutes. Ceux-ci disparaissent pourtant rapidement une fois la course lancée.

Capucine négocie avec de très bonnes sensations les quelque 1 400 mètres de dénivelé de la première partie avant de maintenir un rythme élevé sur les fameux balcons. Malgré des mollets qui commencent à souffrir et quelques difficultés digestives, elle parvient à construire une course complète jusqu'à la longue descente vers Zinal.
Pour Simon, son entraîneur, cette performance constitue sa course la plus aboutie depuis le début de la saison. Elle récompense la rigueur du travail réalisé depuis Chamonix et confirme surtout sa capacité à se rapprocher progressivement des meilleures coureuses de sa génération.
Une étape importante avant de poursuivre son développement chez les seniors à partir de septembre.
2h55 pour le premier Sierre-Zinal de Cyprien Aillet 💪🏼
Pour Cyprien, la préparation avait pourtant pris une tournure bien différente.
Après le 23 km du Mont-Blanc, une semaine de récupération complète avait précédé un bloc particulièrement conséquent, avec des semaines comprises entre 100 et 110 kilomètres et 4 500 à 5 500 mètres de dénivelé positif. Le travail spécifique Sierre-Zinal reproduisait les principales caractéristiques de la course : intensités dans les ascensions dans un premier temps, puis travail à haute intensité sur les portions plus roulantes des balcons.
Les entraînements étant majoritairement réalisés en altitude et sous des températures relativement modérées, des footings avec exposition volontaire à la chaleur avaient également été intégrés afin de préparer les contraintes thermiques potentielles du jour J.
Tout se déroule parfaitement jusqu'à deux semaines de la course. Une infection alimentaire entraîne alors une fatigue importante. Une sortie longue prévue sur trois heures se transforme en 1h30 de course suivie de 1h30 de marche pour rentrer, tandis que la dernière séance spécifique doit être interrompue.
À ce moment-là, l'objectif n'est plus de poursuivre coûte que coûte la préparation initialement prévue.
Avec Simon, son entraîneur, le choix est fait de privilégier entièrement la récupération. Jusqu'à J-5, Cyprien ne réalise plus que des footings très faciles. Une courte séance au seuil est finalement utilisée cinq jours avant la course pour vérifier sa capacité à produire de nouveau des intensités normales. Les sensations sont bonnes : le départ est validé, avec une consigne claire d'abandonner au moindre retour de symptômes ou signe de fatigue anormale.
Le jour J, les semaines de travail précédentes sont bien présentes. Pour son premier Sierre-Zinal, Cyprien choisit de contrôler la longue ascension initiale à la fréquence cardiaque, dans la première moitié de sa Z4. Il retrouve rapidement son coéquipier Anthonin et les deux athlètes effectuent ensemble une grande partie de cette première section.
Après environ 1 500 mètres de dénivelé positif, il récupère auprès de Simon son premier ravitaillement et un bandana rempli de glace. Particulièrement sensible à la chaleur, Cyprien utilise régulièrement de l'eau et deux bandanas glacés au cours de la journée pour limiter la montée en température.
Sur les balcons, le scénario devient particulièrement favorable. Sa gestion prudente de la première ascension lui permet d'allonger sa foulée et de remonter progressivement de nombreux concurrents. Les kilomètres défilent jusqu'au deuxième ravitaillement, autour du 21e kilomètre, avec encore suffisamment de ressources pour poursuivre son effort.
La fin de course sera plus compliquée. À environ cinq kilomètres de l'arrivée, des crampes importantes aux adducteurs et aux vastes internes l'obligent à ralentir brutalement. Un arrêt à un point d'eau lui permet de retrouver suffisamment de mobilité pour repartir, sans faire totalement disparaître les symptômes.
Le chronomètre lui offre alors une dernière motivation : les 2h55 sont encore accessibles.

Cyprien donne tout jusqu'à Zinal et franchit finalement la ligne en 2h55'52. Une performance au-delà des attentes compte tenu des deux semaines précédentes et surtout un premier chrono particulièrement encourageant sur cette course à son âge.
Au-delà du résultat, cette préparation illustre aussi une composante essentielle du coaching : savoir quand ne plus chercher à s'entraîner. Les adaptations réalisées dans les derniers jours ont permis de préserver le travail accumulé pendant plusieurs semaines plutôt que de compromettre la course en voulant absolument terminer le programme prévu.
Anthonin Iragne : trois minutes gagnées et un point faible clairement identifié 📈
Anthonin revenait à Sierre-Zinal avec une histoire différente. Son édition 2025 avait laissé un sentiment mitigé : une préparation importante, peut-être trop importante, puis une course et un résultat qui n'avaient pas répondu à ses attentes.
Cette année, l'approche a donc été volontairement différente. Après un début de saison fatigant et la déception de ne pas décrocher son ticket pour l'OCC 2027 à Saint-Jacques, Anthonin et son entraîneur ont choisi de réduire le volume et de redonner davantage de place à la liberté et aux sensations. Son rythme professionnel avait également généré beaucoup de fatigue au cours des dernières semaines, rendant impossible une préparation aussi spécifique qu'initialement envisagé.
L'ambition restait néanmoins présente : améliorer son chrono de 2025 et, si la course le permettait, passer sous les 2h50.
Parti assez loin sur la ligne avec Cyprien, autour de la 150e à la 200e position, Anthonin doit consacrer beaucoup d'énergie aux dépassements dans les premières minutes. Il réalise finalement la grande montée initiale environ deux minutes moins vite que l'année précédente, pour un ressenti pourtant similaire.
La physionomie change complètement une fois arrivé sur les balcons. Anthonin augmente progressivement son effort jusqu'au Weisshorn et remonte énormément de concurrents. L'analyse des temps intermédiaires est particulièrement parlante : autour du 120e temps sur la première montée, il se situe ensuite parmi les 30 à 40 meilleurs sur les balcons.
Malgré une très grosse fin de course, le retard accumulé dans la première partie est trop important pour passer sous les 2h50. Il améliore néanmoins son chrono de trois minutes par rapport à 2025.

Plus que le temps final, cette deuxième expérience de Sierre-Zinal apporte surtout une information précieuse pour la suite : sa capacité à courir vite sur les portions roulantes est déjà très solide, mais sa performance dans les longues ascensions reste un axe de développement prioritaire pour franchir un nouveau cap.
La course aura également eu une dimension collective particulière. Anthonin et Cyprien ont partagé près des deux tiers du parcours, une situation suffisamment rare sur une compétition de ce niveau pour être appréciée.
« Gros bonus sur cette édition : avoir pu partager les deux tiers de la course avec Cyprien et que ça ait pu lui donner confiance pour faire une super performance. »
Blandine Orsini, Sierre-Zinal comme dernière intensité avant la TDS 🏔️
À une dizaine de jours de la TDS, l'approche était nécessairement très différente pour Blandine.
Après sa troisième place sur le 100 km de la Maxi-Race et plusieurs semaines consacrées à la préparation de son prochain ultra, Sierre-Zinal n'était pas un objectif autour duquel construire un nouveau pic de forme. La course constituait au contraire la dernière grande séance d'intensité trail avant 140 kilomètres et environ 10 000 mètres de dénivelé positif autour du massif du Mont-Blanc.

Les semaines précédentes avaient été marquées par un important bloc de volume réalisé majoritairement à basse intensité. Blandine arrivait donc en Suisse avec une fatigue volontairement accumulée, mais avec l'objectif de retrouver du rythme sur un format beaucoup plus court.
Elle réalise une course maîtrisée, juste derrière Capucine, et parvient notamment à remettre de la vitesse sur les portions plates et vallonnées. Les sensations en descente sont également très bonnes, confirmant les progrès réalisés dans un domaine qui prendra une importance majeure quelques jours plus tard sur la TDS.
« Contente d'avoir découvert cette course mythique, qui dans le cadre de ma préparation TDS m'a permis de faire un bon rappel d'intensité. »
Dans son cas, le résultat doit donc être replacé dans la logique globale de la saison. Sierre-Zinal constituait une étape d'entraînement particulièrement qualitative, au milieu d'un bloc construit pour une épreuve près de cinq fois plus longue.
La préparation est désormais terminée. Place à la récupération pour absorber les dernières semaines de travail et arriver avec le maximum de fraîcheur à Chamonix.
Une même course, quatre manières de construire la performance 📊
Sierre-Zinal aura finalement rempli quatre fonctions différentes au sein du Team ASCENT.
Pour Capucine, la course valide plusieurs semaines de travail et marque sa performance la plus aboutie de la saison. Pour Cyprien, elle confirme à la fois son potentiel et l'importance d'avoir su complètement réorienter les deux dernières semaines de préparation lorsque son état de santé l'imposait. Pour Anthonin, elle permet d'améliorer son chrono tout en identifiant précisément le principal axe de progression à travailler. Pour Blandine, enfin, elle constitue une dernière stimulation intense avant de basculer entièrement vers la récupération précédant la TDS.
C'est aussi toute la logique du projet sportif du Team ASCENT : ne pas appliquer une même préparation ou une même lecture de la performance à tous les athlètes.
Une course peut être un objectif majeur, une étape de progression, un moyen d'identifier ses limites ou simplement une séance particulièrement spécifique au sein d'un projet plus long. Le classement compte, évidemment. Mais sa véritable valeur dépend toujours de ce que l'athlète cherchait à construire en prenant le départ.
À Sierre-Zinal, les quatre athlètes repartent avec des réponses différentes. Et surtout, avec de nouvelles informations pour continuer à progresser sur la deuxième partie de saison.
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