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Pourquoi travailler proche de VO2max en amont de la saison en endurance ? đŸƒđŸŒ

Le travail proche de VO2max occupe une place paradoxale dans l’entraĂźnement en endurance. Il est Ă  la fois l’un des stimuli physiologiques les plus puissants Ă  disposition de l’entraĂźneur, et l’un des plus mal utilisĂ©s lorsqu’il est intĂ©grĂ© sans vision Ă  long terme. Trop souvent associĂ© Ă  la recherche de gains rapides ou Ă  une forme de validation de l’intensitĂ© Ă  l’entraĂźnement, il trouve pourtant sa vĂ©ritable utilitĂ© lorsqu’il est placĂ© en amont de la saison, dans une logique de construction et non de performance immĂ©diate.


Les travaux de Stephen Seiler et de Vladimir Issurin montrent que ce type de stimulus ne doit pas ĂȘtre Ă©valuĂ© Ă  l’échelle d’une sĂ©ance ou d’un bloc, mais Ă  celle d’une saison complĂšte, voire de plusieurs saisons. Bien positionnĂ©, il agit comme un levier de robustesse et d’adaptabilitĂ© ; mal placĂ©, il devient un facteur de fatigue chronique et de stagnation.


Dans cet article, nous verrons pourquoi le travail proche de VO2max a tout son sens en amont de la saison, quelles adaptations physiologiques il induit, comment il influence les intensitĂ©s d’effort durable et la rĂ©silience de l’athlĂšte, et de quelle maniĂšre ces bĂ©nĂ©fices peuvent ĂȘtre entretenus tout au long de l’annĂ©e sans compromettre la progression.


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Adaptations physiologiques directes : Ă©largir les capacitĂ©s du systĂšme đŸ—ïž


Le travail proche de VO2max sollicite simultanĂ©ment les composantes centrales et pĂ©riphĂ©riques du systĂšme aĂ©robie. Sur le plan central, il impose une contrainte Ă©levĂ©e au dĂ©bit cardiaque maximal. Les travaux fondateurs de David Bassett et Edward Howley ont montrĂ© que la VO2max est en grande partie dĂ©terminĂ©e par la capacitĂ© du cƓur Ă  transporter l’oxygĂšne vers les muscles actifs. Les intensitĂ©s proches de VO2max constituent donc l’un des rares stimuli capables d’augmenter ou de maintenir ce dĂ©bit chez des athlĂštes dĂ©jĂ  entraĂźnĂ©s.


Sur le plan pĂ©riphĂ©rique, ce type de travail stimule fortement la biogenĂšse mitochondriale et l’activitĂ© enzymatique oxydative. Les travaux de John Holloszy et de Edward Coyle ont mis en Ă©vidence une augmentation de la capacitĂ© des muscles Ă  utiliser l’oxygĂšne de maniĂšre efficace, notamment via un meilleur recrutement des fibres rapides oxydatives. Ces adaptations amĂ©liorent la capacitĂ© du muscle Ă  soutenir des intensitĂ©s Ă©levĂ©es tout en retardant l’apparition de la fatigue.


Il est essentiel de souligner que ces adaptations ne se traduisent pas immĂ©diatement par une amĂ©lioration de l’endurance spĂ©cifique. Elles augmentent avant tout la capacitĂ© maximale du systĂšme, crĂ©ant des marges physiologiques qui seront exploitĂ©es plus tard dans la saison.


Effets sur la VO2max : augmenter le plafond pour allĂ©ger le reste 🚀

L’augmentation ou la restauration de la VO2max est l’un des effets les plus documentĂ©s du travail Ă  haute intensitĂ©. Les synthĂšses de Andrew Midgley, ainsi que les travaux de Bent RĂžnnestad et Eivind Hansen, montrent que des efforts rĂ©pĂ©tĂ©s proches de VO2max constituent un stimulus particuliĂšrement efficace, y compris chez des athlĂštes dĂ©jĂ  bien entraĂźnĂ©s.


Cependant, l’intĂ©rĂȘt principal n’est pas tant l’augmentation de la valeur absolue que la modification du coĂ»t relatif des intensitĂ©s submaximales. Une VO2max plus Ă©levĂ©e signifie qu’une allure donnĂ©e reprĂ©sente une fraction plus faible du potentiel maximal. Cela se traduit par une diminution de la contrainte cardiorespiratoire Ă  intensitĂ© modĂ©rĂ©e, une perception de l’effort plus stable et une meilleure capacitĂ© Ă  rĂ©pĂ©ter les sĂ©ances sans accumulation excessive de fatigue.


C’est prĂ©cisĂ©ment ce mĂ©canisme qui justifie l’intĂ©rĂȘt du travail proche de VO2max en amont de la saison : il ne vise pas Ă  performer immĂ©diatement, mais Ă  crĂ©er des marges d’adaptation durables.


ConsĂ©quences sur les intensitĂ©s d’effort durable (SV1 et SV2) đŸ«

Le travail proche de VO2max n’agit pas directement sur les intensitĂ©s d’effort durable. Les travaux de Oliver Faude, Wilfried Kindermann et Tim Meyer montrent que les adaptations associĂ©es aux efforts durables sont avant tout liĂ©es au volume d’entraĂźnement Ă  intensitĂ© modĂ©rĂ©e et Ă  la rĂ©pĂ©tition d’efforts soutenables dans le temps.


En revanche, une augmentation de la VO2max modifie la position relative de ces intensitĂ©s. À intensitĂ© Ă©gale, la sollicitation physiologique est moindre, ce qui se traduit par une meilleure stabilitĂ© des zones faciles et soutenables. Les dĂ©rives cardiaques et ventilatoires apparaissent plus tard, et l’athlĂšte peut accumuler davantage de volume utile sans dĂ©passer ses capacitĂ©s de rĂ©cupĂ©ration.


Le travail proche de VO2max agit donc comme un prĂ©requis physiologique, permettant au travail d’endurance et d’effort durable de s’exprimer plus efficacement au fil de la saison.


Effets sur le systĂšme nerveux : tolĂ©rance, mais coĂ»t rĂ©el 🧠

Sur le plan nerveux, le travail proche de VO2max est particuliĂšrement exigeant. Les recherches de Samuele Marcora ont mis en Ă©vidence le rĂŽle central de la fatigue mentale et de la fatigue centrale dans la limitation de la performance d’endurance. Les intensitĂ©s Ă©levĂ©es sollicitent fortement la concentration, la coordination et la capacitĂ© Ă  tolĂ©rer l’inconfort.


UtilisĂ© ponctuellement et avec des phases de rĂ©cupĂ©ration suffisantes, ce type de travail amĂ©liore la tolĂ©rance Ă  l’effort, renforce l’efficacitĂ© du recrutement moteur et prĂ©pare l’athlĂšte Ă  gĂ©rer des variations d’intensitĂ©, frĂ©quentes en compĂ©tition. En revanche, une exposition trop frĂ©quente entraĂźne une accumulation de fatigue centrale, une baisse de la qualitĂ© des autres sĂ©ances et une diminution de la capacitĂ© d’adaptation globale.


C’est pourquoi les modĂšles contemporains de planification recommandent de concentrer ce travail sur des pĂ©riodes ciblĂ©es, lorsque le systĂšme nerveux est disponible et que la rĂ©cupĂ©ration est prioritaire.


Quel impact sur les efforts de type ultra-endurance ? ⛰

À premiĂšre vue, le lien entre travail proche de VO2max et ultra-endurance peut sembler indirect. Pourtant, les travaux de Michael Joyner et de Edward Coyle montrent que la performance sur des efforts trĂšs longs dĂ©pend largement de la capacitĂ© Ă  maintenir un coĂ»t Ă©nergĂ©tique faible Ă  des intensitĂ©s modestes.


Un athlĂšte disposant d’un plafond physiologique plus Ă©levĂ© subit moins chaque intensitĂ© relative. Il dĂ©rive moins vite, tolĂšre mieux les variations imposĂ©es par le terrain et conserve une meilleure stabilitĂ© physiologique au fil des heures. Le travail proche de VO2max, intĂ©grĂ© en amont de la saison, ne rend pas l’athlĂšte plus rapide en ultra, mais plus robuste, plus rĂ©silient et plus stable face Ă  la fatigue accumulĂ©e.


Comment entretenir ces adaptations au fil de la saison ? 🔜

Une fois ces adaptations acquises, l’objectif n’est pas de maintenir une forte densitĂ© de travail proche de VO2max, mais d’en prĂ©server les bĂ©nĂ©fices Ă  moindre coĂ»t. Les travaux de Seiler et de RĂžnnestad montrent que ces adaptations peuvent ĂȘtre entretenues avec une frĂ©quence relativement faible, Ă  condition que le stimulus reste prĂ©sent de maniĂšre qualitative.


Une exposition ponctuelle Ă  des intensitĂ©s Ă©levĂ©es, espacĂ©e dans le temps, suffit gĂ©nĂ©ralement Ă  maintenir le plafond physiologique. Ces rappels peuvent ĂȘtre intĂ©grĂ©s sous forme de sĂ©quences courtes, de variations d’intensitĂ© naturelles liĂ©es au terrain ou de blocs spĂ©cifiques Ă©loignĂ©s des objectifs majeurs. L’essentiel est de conserver une stimulation suffisante sans gĂ©nĂ©rer de fatigue excessive ni interfĂ©rer avec le travail spĂ©cifique de la pĂ©riode.


Cette approche permet de prĂ©server les bĂ©nĂ©fices du travail VO2max tout en laissant la prioritĂ© Ă  l’endurance, Ă  l’économie de mouvement et Ă  la spĂ©cificitĂ© de l’objectif principal.


Conclusion : un outil de fondation, pas un objectif en soi đŸ§‘đŸŒâ€đŸ«

Les donnĂ©es scientifiques convergent vers une mĂȘme conclusion : le travail proche de VO2max n’est ni un raccourci vers la performance, ni un Ă©lĂ©ment Ă  bannir. Il constitue un outil stratĂ©gique, dont l’efficacitĂ© dĂ©pend entiĂšrement de son positionnement et de sa frĂ©quence.


UtilisĂ© en amont de la saison, il Ă©largit les capacitĂ©s du systĂšme, amĂ©liore la rĂ©silience physiologique et crĂ©e les conditions d’une progression durable. Entretenu avec parcimonie au fil de l’annĂ©e, il permet de conserver ces adaptations sans compromettre la rĂ©cupĂ©ration ni la spĂ©cificitĂ© de l’entraĂźnement.


C’est cette lecture Ă  long terme — loin de toute recherche de performance immĂ©diate — qui donne au travail proche de VO2max toute sa pertinence dans un projet d’endurance cohĂ©rent et durable.


Ce que change l’accompagnement par un coach dans l’utilisation du travail VO2max đŸ§‘đŸŒâ€đŸł

Le travail proche de VO2max illustre parfaitement la limite des approches standardisĂ©es. Sur le papier, les principes sont connus. Dans la rĂ©alitĂ©, leur application dĂ©pend fortement du contexte, de l’historique de l’athlĂšte, de sa capacitĂ© de rĂ©cupĂ©ration et de son environnement de vie. C’est prĂ©cisĂ©ment sur ces paramĂštres que se joue la diffĂ©rence entre un stimulus bĂ©nĂ©fique et un facteur de fatigue.


Chez Ibex, le travail proche de VO2max n’est jamais envisagĂ© comme un objectif en soi, ni comme une recette Ă  appliquer systĂ©matiquement. Il s’intĂšgre dans une rĂ©flexion globale de planification, oĂč chaque pĂ©riode de la saison a une fonction prĂ©cise. En amont, il peut ĂȘtre utilisĂ© pour Ă©largir le plafond physiologique et renforcer la capacitĂ© d’adaptation. Plus tard, il est soit fortement rĂ©duit, soit entretenu par des rappels ponctuels, toujours en cohĂ©rence avec l’objectif principal.


L’accompagnement par un coach permet avant tout de choisir le bon moment, la bonne frĂ©quence et la bonne forme de stimulus. Deux athlĂštes prĂ©parant le mĂȘme objectif n’auront pas nĂ©cessairement la mĂȘme exposition Ă  ce type de travail. Certains en tireront un bĂ©nĂ©fice important en dĂ©but de cycle, quand d’autres auront besoin de davantage de continuitĂ© et de stabilitĂ© avant d’y ĂȘtre confrontĂ©s.


Le rĂŽle du coach est Ă©galement central dans la lecture des signaux de fatigue. Le travail proche de VO2max Ă©tant exigeant nerveusement, il nĂ©cessite une capacitĂ© d’ajustement permanente. La qualitĂ© des sĂ©ances, la rĂ©cupĂ©ration perçue, la motivation et la stabilitĂ© des sensations deviennent des indicateurs aussi importants que les donnĂ©es chiffrĂ©es. C’est cette lecture fine qui permet de prĂ©server les adaptations acquises, sans compromettre la suite de la saison.


Enfin, l’accompagnement offre un cadre rassurant. Il libĂšre l’athlĂšte de la pression de “bien faire” ou de “forcer quand il faut”, en redonnant du sens Ă  chaque phase de l’entraĂźnement. Le travail VO2max retrouve alors sa place : non pas comme une Ă©preuve Ă  subir, mais comme un outil ponctuel au service d’un projet cohĂ©rent et durable.


Structurer sa préparation avec Ibex outdoor

Chez Ibex outdoor, chaque accompagnement s’adapte Ă  votre rythme, vos contraintes et vos ambitions. Qu'importe votre objectif ou votre niveau, notre mission reste la mĂȘme : vous aider Ă  progresser durablement, sans perdre le plaisir de courir.




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