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Le facteur d’endurance : ce qui fait vraiment la différence sur la durée ⛰️

En course à pied, et plus encore en trail et en ultra, la performance ne dépend pas uniquement de la vitesse maximale que l’on est capable d’atteindre. À mesure que la durée de l’effort augmente, ce qui fait la différence n’est plus seulement le plafond physiologique, mais la capacité à maintenir un niveau d’effort élevé dans le temps.


C’est précisément ce que décrit le facteur d’endurance. Souvent éclipsé par des indicateurs plus connus comme la VMA, il permet pourtant de mieux comprendre pourquoi certains athlètes tiennent leur allure quand d’autres voient leur performance se dégrader progressivement, malgré des profils a priori similaires.


Dans cet article, nous allons définir ce qu’est réellement le facteur d’endurance, présenter les principaux modèles utilisés pour l’évaluer, expliquer comment il peut être mesuré et interprété, et surtout montrer comment il peut orienter l’entraînement, en particulier dans une logique trail et ultra, tout en abordant ses limites et les points de vigilance indispensables.


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Bienvenue sur le blog d'Ibex outdoor, agence spécialisée dans l'entraînement en sports d'endurance

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  1. Facteur d’endurance : définition

Le facteur d’endurance désigne la capacité d’un athlète à maintenir un pourcentage élevé de son potentiel aérobie lorsque la durée de l’effort augmente. Il ne renseigne donc pas sur la puissance maximale ou la vitesse maximale atteignable, mais sur la durabilité de l’effort.


Autrement dit, là où des indicateurs comme la VMA ou le VO₂max décrivent la taille du moteur, le facteur d’endurance décrit la manière dont ce moteur est exploité dans le temps. Cette distinction entre capacité maximale et capacité à soutenir un effort est largement documentée dans les modèles modernes de la performance en endurance (Jones & Vanhatalo, 2017) dont nous nous sommes inspirés pour la rédaction de cet article.


D’un point de vue physiologique, le facteur d’endurance reflète la capacité de l’organisme à :

  • limiter la dérive cardio-respiratoire,

  • maintenir un équilibre métabolique stable,

  • préserver l’économie de course sous fatigue,

  • retarder l’apparition des mécanismes de limitation périphérique et centrale.


Ces éléments sont reconnus comme des déterminants majeurs de la performance sur les efforts prolongés, en particulier lorsque l’intensité relative est modérée mais maintenue sur de longues durées (Seiler, 2010 ; Maunder et al., 2021).


  • Un indicateur de durabilité, pas de performance instantanée

Le facteur d’endurance n’est pas un indicateur de performance instantanée, mais un indicateur de stabilité de la performance dans le temps. Il ne décrit pas la vitesse maximale atteignable, mais la décroissance de la vitesse ou de la puissance lorsque la durée de l’effort augmente.


Ce principe est au cœur des modèles puissance–durée et vitesse–durée, utilisés depuis plusieurs décennies pour décrire la relation entre intensité et temps de maintien de l’effort (Monod & Scherrer, 1965 ; di Prampero, 1986). Plus cette décroissance est faible, plus l’athlète est capable de maintenir une intensité élevée sur la durée.


  • Pourquoi le facteur d’endurance devient central en trail et ultra

À mesure que la durée de l’effort augmente, la performance est de moins en moins expliquée par des marqueurs maximaux isolés, et de plus en plus par la capacité à maintenir une intensité économiquement soutenable.


En trail long et en ultra-trail, où l’intensité relative reste généralement inférieure aux seuils élevés mais prolongée sur plusieurs heures, le facteur d’endurance devient souvent plus discriminant que la VMA ou le VO₂max. La littérature en ultra-endurance montre que la capacité à limiter la dérive physiologique et à préserver l’économie de course sous fatigue est un facteur déterminant de la performance finale (Millet & Hoffman, 2012 ; Maunder et al., 2021).


  • À retenir

Le facteur d’endurance :

  • ne mesure pas la vitesse maximale,

  • ne remplace pas les indicateurs classiques,

  • mais complète leur lecture en apportant une information essentielle : la capacité à tenir dans le temps.


Avant de chercher à le développer, il est indispensable de comprendre comment il est modélisé et mesuré.


  1. La vitesse critique comme base du facteur d’endurance (et comment la mesurer)

Pour analyser le facteur d’endurance de manière opérationnelle, il est indispensable de s’appuyer sur un indicateur qui décrit ce que l’athlète est capable de soutenir dans le temps, et non uniquement sur une valeur maximale instantanée. C’est précisément le rôle de la vitesse critique (VC).


  • La vitesse critique : une intensité fonctionnelle

La vitesse critique correspond à la vitesse maximale théorique pouvant être maintenue sans dérive physiologique rapide, c’est-à-dire sans épuisement progressif des réserves énergétiques non renouvelables.


Elle représente une frontière fonctionnelle entre :

  • une zone où l’effort peut être stabilisé,

  • et une zone où la fatigue s’accumule de manière inexorable jusqu’à l’arrêt.


Contrairement à la VMA, qui décrit un plafond aérobie, la vitesse critique traduit une intensité soutenable, fortement liée à la performance sur des efforts de durée intermédiaire à longue. De nombreux travaux montrent que la VC est plus corrélée à la performance réelle sur ces formats que les indicateurs maximaux isolés (Jones & Vanhatalo, 2017).



  • Pourquoi la vitesse critique est plus pertinente que la VMA

La VMA reste un indicateur intéressant pour caractériser le potentiel aérobie maximal, mais elle présente plusieurs limites dès que la durée de l’effort augmente :

  • elle ne renseigne pas sur la capacité à maintenir une intensité,

  • elle discrimine mal les profils endurants,

  • elle explique imparfaitement la performance sur des efforts prolongés.


À l’inverse, la vitesse critique intègre directement la relation entre intensité et temps de maintien de l’effort, ce qui en fait une base beaucoup plus pertinente pour analyser la durabilité de la performance — et donc le facteur d’endurance.


La vitesse critique vous questionne ?

Dans certains de nos précédents articles, nous avons traité ce sujet plus en détails afin de rendre ce concept plus concret.



  • Les tests 3 / 7 / 12 minutes : un compromis robuste terrain–science

La vitesse critique peut être estimée à partir de tests de terrain simples, réalisés à intensité maximale mais contrôlée, sur des durées suffisamment contrastées. Parmi les différents protocoles existants, l’utilisation de trois efforts maximaux de 3, 7 et 12 minutes constitue un compromis particulièrement intéressant.


Ces durées permettent :

  • de couvrir une large plage de sollicitations,

  • de limiter l’influence excessive des filières très courtes,

  • d’obtenir une modélisation fiable de la relation vitesse–durée.


Concrètement, l’athlète réalise trois efforts maximaux, idéalement sur terrain homogène ou piste, en cherchant à produire l’effort le plus élevé possible sur chaque durée, sans sprint final excessif. Les vitesses moyennes obtenues sur ces trois efforts sont ensuite utilisées pour estimer la vitesse critique.


Plusieurs études montrent que ce type de protocole permet d’obtenir une estimation fiable de la VC, comparable à des méthodes plus lourdes réalisées en laboratoire, à condition que les tests soient bien standardisés et espacés d’une récupération suffisante (Jones et al., 2010 ; Vanhatalo et al., 2011).


  • Le lien direct avec le facteur d’endurance

La vitesse critique constitue le point d’ancrage du facteur d’endurance, mais elle n’en est pas l’expression complète. Ce qui nous intéresse ici n’est pas uniquement la valeur de la VC, mais la capacité de l’athlète à maintenir un pourcentage élevé de cette VC lorsque la durée de l’effort augmente.


Deux athlètes peuvent ainsi présenter une vitesse critique similaire, tout en affichant des comportements très différents sur des efforts plus longs. Cette différence traduit un facteur d’endurance plus ou moins développé, c’est-à-dire une décroissance plus ou moins marquée de la performance lorsque le temps augmente.

Les tests 3 / 7 / 12 minutes permettent donc non seulement d’estimer la vitesse critique, mais aussi de modéliser cette décroissance, et d’accéder à une lecture plus fine du profil de l’athlète.


  • À retenir

  • La vitesse critique décrit une intensité soutenable, bien plus pertinente que la VMA pour les efforts prolongés.

  • Les tests 3 / 7 / 12 minutes offrent une méthode simple et fiable pour estimer la VC sur le terrain.

  • C’est à partir de cette relation vitesse–durée que l’on peut quantifier le facteur d’endurance.


Dans la partie suivante, nous verrons comment est calculé concrètement le facteur d’endurance à partir de ces données, et comment l’interpréter sans tomber dans les pièges classiques.


3. Comment est calculé le facteur d’endurance

Une fois la vitesse critique estimée à partir des tests 3, 7 et 12 minutes, la question centrale devient : comment traduire ces données en un indicateur de durabilité de l’effort ? C’est précisément le rôle du facteur d’endurance.


  • Le principe fondamental : la relation intensité – durée

Le facteur d’endurance repose sur une idée simple : plus un athlète est endurant, plus la différence entre ce qu’il peut produire sur un effort court et ce qu’il peut maintenir sur la durée est faible.


Autrement dit, le facteur d’endurance décrit la pente de décroissance entre :

  • une performance courte, très dépendante du plafond physiologique,

  • et une performance soutenable dans le temps, représentée par la vitesse critique.


Dans le cadre que nous utilisons ici, cette relation est analysée à partir des vitesses moyennes obtenues sur les efforts de 3, 7 et 12 minutes.


  • Pourquoi le test de 3 minutes est central

Le test de 3 minutes joue un rôle clé car il constitue :

  • un effort suffisamment court pour solliciter fortement le potentiel aérobie maximal,

  • mais suffisamment long pour limiter l’influence excessive des filières purement anaérobies.


La vitesse moyenne sur 3 minutes est donc souvent considérée comme un proxy fiable du plafond fonctionnel de l’athlète (proche de la VMA ou de la vitesse associée au VO₂max), sans les biais des tests très courts.


C’est cette vitesse élevée, mais non soutenable longtemps, qui sert de point haut de la relation intensité–durée.


  • La logique de calcul du facteur d’endurance

Sans entrer dans les équations, la logique est la suivante :

  • la vitesse critique (VC) représente ce que l’athlète peut maintenir sur une durée prolongée ;

  • la vitesse sur 3 minutes représente ce qu’il est capable de produire sur un effort court et intense ;

  • le facteur d’endurance traduit l’écart relatif entre ces deux vitesses.


Plus cet écart est faible :

  • plus l’athlète est capable de maintenir un pourcentage élevé de son potentiel maximal,

  • plus son facteur d’endurance est élevé.


À l’inverse, un écart important entre la vitesse sur 3 minutes et la VC traduit une forte dépendance aux efforts courts et une décroissance rapide de la performance lorsque la durée augmente.


Dans les modèles vitesse–durée, cette information est formalisée par la pente de la relation entre vitesse et temps, ou par un indice normalisé dérivé de cette pente (Monod & Scherrer, 1965 ; Jones & Vanhatalo, 2017).


  • Ce que le facteur d’endurance ne mesure pas

Il est important de souligner que le facteur d’endurance :

  • ne mesure pas la vitesse absolue,

  • ne dit pas si un athlète est “rapide” ou “lent”,

  • ne remplace pas la VC ou la VMA.


Il décrit uniquement la capacité à conserver une intensité relative élevée quand la durée augmente.Deux athlètes peuvent donc avoir :

  • des vitesses très différentes,

  • mais un facteur d’endurance similaire.


  • Intérêt pratique de cette approche

L’intérêt majeur de ce mode de calcul est qu’il permet :

  • de comparer des profils très différents,

  • d’expliquer des écarts de performance sur le long malgré des plafonds proches,

  • d’orienter l’entraînement de manière ciblée.


C’est précisément cette lecture du facteur d’endurance qui permet de passer d’un simple diagnostic physiologique à une véritable stratégie d’entraînement individualisée.

Dans la partie suivante, nous verrons ce que le facteur d’endurance révèle concrètement du profil de l’athlète, et pourquoi il est particulièrement discriminant en trail et ultra.


  1. Ce que le facteur d’endurance révèle du profil de l’athlète

Le principal intérêt du facteur d’endurance n’est pas tant sa valeur brute que ce qu’il révèle du fonctionnement de l’athlète. Là où des indicateurs comme la VMA ou la vitesse critique renseignent sur le potentiel, le facteur d’endurance permet de comprendre comment ce potentiel est exploité dans le temps.


Il offre ainsi une lecture complémentaire, souvent plus discriminante sur les efforts prolongés.


Des profils très différents à potentiel égal

Deux athlètes peuvent présenter :

  • une VMA similaire,

  • une vitesse critique comparable,

  • un volume d’entraînement équivalent,


Et pourtant afficher des performances très différentes dès que la durée de l’effort augmente. Dans ce cas, le facteur d’endurance permet d’expliquer ces écarts.


Un facteur d’endurance élevé traduit une capacité à maintenir une intensité proche de son potentiel sans dérive excessive. À l’inverse, un facteur d’endurance faible indique une forte décroissance de la performance lorsque le temps augmente, malgré un plafond physiologique parfois élevé.


Cette dissociation entre potentiel maximal et durabilité de l’effort est largement décrite dans les modèles intensité–durée et dans les travaux récents sur la notion de durabilité en endurance (Jones & Vanhatalo, 2017 ; Maunder et al., 2021).


Profils « puissance » vs profils « durables »

Sur le terrain, le facteur d’endurance permet souvent d’identifier deux grandes tendances de profils :

  • Profils à fort potentiel mais faible durabilitéAthlètes capables de produire des intensités élevées sur des efforts courts ou intermédiaires, mais dont la performance se dégrade rapidement lorsque la durée augmente. Ces profils excellent souvent sur des formats courts à intenses, mais rencontrent des difficultés sur marathon, trail long ou ultra.

  • Profils à potentiel modéré mais forte durabilitéAthlètes capables de maintenir une intensité relativement élevée sur la durée, avec une dérive physiologique limitée. Leur performance est souvent plus stable, parfois supérieure sur les formats longs, malgré des valeurs maximales moins impressionnantes.


Le facteur d’endurance permet ainsi de mieux comprendre pourquoi certains athlètes “tiennent” quand d’autres décrochent, indépendamment de leur vitesse maximale.


Un marqueur de stabilité physiologique

D’un point de vue physiologique, un facteur d’endurance élevé est généralement associé à :

  • une meilleure économie de course sous fatigue,

  • une dérive cardiaque plus faible,

  • une meilleure utilisation des substrats énergétiques,

  • une tolérance accrue à la charge mécanique et métabolique.


Ces éléments sont reconnus comme des déterminants majeurs de la performance sur les efforts prolongés, en particulier lorsque l’intensité relative reste modérée mais maintenue longtemps (Seiler, 2010 ; Millet & Hoffman, 2012).


Pourquoi ce profil est déterminant en trail et ultra

En trail long et en ultra-trail, la performance repose rarement sur la capacité à produire des intensités élevées. Elle dépend avant tout de :

  • la stabilité de l’allure,

  • la capacité à encaisser les variations de terrain,

  • la résistance à la fatigue neuromusculaire et centrale.


Dans ce contexte, le facteur d’endurance devient souvent plus discriminant que la VMA ou même la vitesse critique, car il reflète directement la capacité à préserver l’effort dans le temps, malgré la fatigue cumulative et les contraintes mécaniques spécifiques (Millet & Hoffman, 2012).


À retenir

Le facteur d’endurance permet :

  • de distinguer des profils que les indicateurs classiques ne différencient pas,

  • de mieux comprendre les forces et les limites d’un athlète,

  • de poser les bases d’une individualisation pertinente de l’entraînement.


C’est précisément cette lecture du profil qui permet ensuite d’orienter intelligemment le contenu de l’entraînement.C’est ce que nous verrons dans la partie suivante : quel lien entre facteur d’endurance et trail, et pourquoi cet indicateur y est particulièrement pertinent.


  1. Quel lien entre facteur d’endurance et trail ?

Si le facteur d’endurance est pertinent en endurance de manière générale, il prend une importance particulière en trail, et plus encore lorsque la durée et le dénivelé augmentent. Le trail ne se contente pas d’allonger la durée de l’effort : il en modifie profondément la nature.


Une intensité moyenne faible… mais durable

Contrairement aux formats courts sur route, le trail long et l’ultra se caractérisent par :

  • une intensité relative globalement modérée,

  • mais maintenue sur plusieurs heures,

  • avec de fortes variations mécaniques et neuromusculaires.


Dans ce contexte, la performance dépend moins de la capacité à produire une intensité élevée ponctuellement que de la capacité à maintenir une intensité stable malgré la fatigue cumulative.C’est précisément ce que décrit le facteur d’endurance.


Les travaux en trail montrent que la vitesse maximale ou la VMA expliquent de moins en moins la performance à mesure que la durée augmente, au profit de paramètres liés à la durabilité de l’effort (Millet & Hoffman, 2012).


La gestion de la dérive physiologique en montée

En trail, une grande partie de l’effort est réalisée en montée, souvent à des intensités proches ou légèrement supérieures au seuil d’effort durable, mais sur des durées répétées.La capacité à limiter la dérive cardiorespiratoire et métabolique dans ces phases est déterminante.


Un facteur d’endurance élevé se traduit généralement par :

  • une meilleure stabilité de la fréquence cardiaque à effort constant,

  • une capacité à maintenir une vitesse ascensionnelle régulière,

  • une moindre dérive perceptive de l’effort (RPE).


Ces éléments conditionnent directement la capacité à gérer l’allure sur des efforts longs et vallonnés.


La fatigue neuromusculaire : un amplificateur

Le trail introduit une contrainte supplémentaire majeure : la fatigue neuromusculaire, notamment liée aux descentes et au travail excentrique.Cette fatigue altère progressivement :

  • l’économie de course,

  • la coordination,

  • la capacité à produire de la force.


La littérature montre que cette fatigue contribue fortement à la dégradation de la performance en trail long, indépendamment des capacités aérobies maximales (Giandolini et al., 2016 ; Vernillo et al., 2017).


Un facteur d’endurance élevé ne protège pas de cette fatigue, mais il est souvent associé à une meilleure tolérance à ses effets, en particulier à une moindre dégradation de l’allure sous fatigue.


Pourquoi le facteur d’endurance devient plus discriminant que la VMA

À mesure que la durée augmente :

  • la VMA devient un indicateur de moins en moins explicatif,

  • la vitesse critique garde une pertinence partielle,

  • le facteur d’endurance devient central.


En ultra-trail, la performance repose avant tout sur :

  • la capacité à maintenir une intensité relative modérée,

  • la gestion de la fatigue cumulative,

  • la stabilité physiologique et mécanique.


Dans ce contexte, améliorer le facteur d’endurance est souvent plus rentable que chercher à augmenter marginalement la VMA, surtout chez des athlètes déjà entraînés.


À retenir

En trail et en ultra :

  • la performance ne se joue pas sur la vitesse maximale,

  • mais sur la capacité à tenir une intensité stable dans le temps, malgré le dénivelé et la fatigue.


Le facteur d’endurance constitue donc un outil de lecture particulièrement pertinent pour comprendre les écarts de performance et orienter l’entraînement vers plus de durabilité.


Dans la partie suivante, nous verrons comment orienter concrètement l’entraînement en fonction du facteur d’endurance, selon le profil de l’athlète.


  1. Comment orienter l’entraînement à partir de la valeur du facteur d’endurance (FE)

Le facteur d’endurance (FE) permet de quantifier la capacité d’un athlète à maintenir une fraction élevée de sa vitesse maximale aérobie lorsque la durée de l’effort augmente. Utilisé correctement, il constitue un outil puissant pour orienter l’entraînement de manière individualisée.


Les valeurs ci-dessous sont indicatives, issues de la pratique terrain et cohérentes avec les modèles vitesse–durée et les travaux récents sur la durabilité. Elles doivent toujours être interprétées dans un contexte donné (fatigue, période de la saison, spécificité de l’entraînement).


FE faible → priorité à la durabilité

Valeurs indicatives

  • FE < 0,82 (ou < 82 %)

  • Décroissance marquée de la vitesse lorsque la durée augmente


Profil typique

  • Très bon niveau sur effort court (3’)

  • Forte perte de performance dès 30–40 minutes

  • Dérive cardiaque et perceptive importante

  • Difficulté à stabiliser une allure sur le long


Lecture physiologiqueLe potentiel existe, mais il est mal exploité dans le temps.Les limitations sont rarement liées au VO₂max, mais plutôt à :

  • l’économie sous fatigue,

  • la gestion métabolique,

  • la tolérance à la charge prolongée.


Orientations d’entraînement : Objectif principal : augmenter la durabilité de l’effort


Axes prioritaires :

  • augmentation progressive du volume sous SV1,

  • sorties longues régulières et structurées,

  • travail de durabilité (intensité modérée placée en état de pré-fatigue),

  • limitation des intensités intermédiaires non contrôlées,

  • régularité des cycles de charge.


Chez ces profils, chercher à améliorer encore le plafond est souvent peu rentable tant que le FE reste bas.


FE intermédiaire → logique d’équilibre

Valeurs indicatives

  • FE ≈ 0,83 à 0,86 (83–86 %)


Profil typique

  • Décroissance modérée de la performance

  • Bonne polyvalence

  • Capacité à performer sur une large plage de durées


Lecture physiologiqueLe potentiel et la durabilité sont relativement cohérents.Les marges de progression existent à la fois sur :

  • le plafond,

  • et la capacité à le tenir plus longtemps.


Orientations d’entraînement : Objectif principal : maintenir l’équilibre et cibler la spécificité

Axes possibles :

  • consolidation du socle d’endurance,

  • travail ciblé autour de la vitesse critique,

  • rappels réguliers de VO₂max,

  • montée progressive de la charge spécifique (trail, dénivelé, fatigue mécanique).


Ces profils tolèrent généralement bien une distribution pyramidale ou polarisée, à condition que la charge globale soit maîtrisée.


FE élevé → priorité au plafond

Valeurs indicatives

  • FE ≥ 0,87–0,90

  • Faible décroissance de la vitesse avec la durée


Profil typique

  • Excellente stabilité de l’allure

  • Faible dérive physiologique

  • Difficulté à produire des intensités très élevées


Lecture physiologiqueLa durabilité n’est plus le facteur limitant. La performance est plafonnée par :

  • la vitesse maximale aérobie,

  • la puissance aérobie,

  • le recrutement neuromusculaire.


Orientations d’entraînement : Objectif principal : élever le plafond sans dégrader le FE

Axes prioritaires :

  • développement ciblé de la VO₂max,

  • travail de puissance aérobie (fractionné court, côtes),

  • stimulation neuromusculaire,

  • maintien d’un volume d’endurance suffisant pour préserver la durabilité acquise.


Chez ces profils, une amélioration même modeste du plafond se traduit souvent par un gain direct de performance, car la capacité à tenir l’effort est déjà élevée.


Cas particulier du trail long et de l’ultra

En trail et ultra, l’expérience terrain montre que :

  • un FE < 0,83 constitue souvent un frein majeur à la performance,

  • un FE ≥ 0,87 est fréquemment observé chez les athlètes capables de maintenir une allure stable sur plusieurs heures.


À mesure que la durée et le dénivelé augmentent, améliorer le facteur d’endurance devient souvent plus rentable que chercher à augmenter marginalement la vitesse maximale.


Point critique à garder en tête

Le FE :

  • n’est pas une constante,

  • varie avec la charge récente et la fatigue,

  • doit être comparé chez un même athlète, dans des conditions similaires.


Un FE bas mesuré en période de fatigue n’a pas la même signification qu’un FE bas en état de fraîcheur.


À retenir

Les valeurs du facteur d’endurance permettent :

  • de situer un profil,

  • d’identifier le facteur limitant réel,

  • d’orienter l’entraînement avec plus de justesse.


Mais elles n’ont de sens que si elles sont intégrées dans une lecture globale : charge, contexte, historique et spécificité de la discipline.


  1. Points de vigilance et limites du facteur d’endurance

Le facteur d’endurance est un outil puissant pour comprendre la performance sur la durée, mais comme tout indicateur, il n’a de valeur que s’il est correctement interprété. Utilisé isolément ou hors contexte, il peut conduire à des erreurs d’analyse et d’orientation de l’entraînement.


Le facteur d’endurance n’est pas une constante

Le FE évolue dans le temps. Il est fortement influencé par :

  • la charge d’entraînement récente,

  • l’état de fatigue (centrale et périphérique),

  • le niveau d’affûtage,

  • la spécificité du cycle en cours.


Un FE mesuré en période de surcharge ou de fatigue accumulée peut être artificiellement bas.À l’inverse, un FE mesuré après une phase d’allègement peut être temporairement élevé.


Le FE doit donc être interprété dans une logique longitudinale, en comparant un athlète à lui-même, dans des conditions similaires.


La qualité des tests conditionne la valeur du FE

Le facteur d’endurance repose directement sur la fiabilité des données d’entrée.Des tests mal réalisés (pacing approximatif, terrain non homogène, fatigue résiduelle importante) peuvent fausser l’analyse.


Points clés :

  • conditions reproductibles,

  • récupération suffisante entre les efforts,

  • engagement maximal mais contrôlé,

  • absence de sprint final excessif.


Un FE « précis » calculé à partir de données imprécises reste un mauvais indicateur.


Le FE ne résume pas à lui seul la performance

Un facteur d’endurance élevé ne garantit pas la performance si :

  • le plafond physiologique est trop bas,

  • la tolérance mécanique est insuffisante,

  • la gestion de l’effort, de la nutrition ou du mental est déficiente.


À l’inverse, un FE plus modeste peut suffire sur certains formats si :

  • le potentiel est élevé,

  • la course est courte,

  • le profil est adapté à l’intensité demandée.


Le FE n’explique pas tout, il éclaire une partie du problème : la durabilité.


Attention à vouloir “entraîner le FE” directement

Le facteur d’endurance n’est pas une qualité isolée que l’on développe par une séance spécifique. Il est le résultat de plusieurs adaptations :

  • métaboliques,

  • neuromusculaires,

  • mécaniques,

  • centrales.


Chercher à améliorer le FE sans tenir compte :

  • du volume,

  • de la progressivité,

  • de la récupération,

  • de l’équilibre global de la préparation, revient souvent à augmenter la fatigue sans améliorer la performance.


Le contexte de pratique reste déterminant

Enfin, le FE doit toujours être interprété au regard de la discipline et de l’objectif :

  • route vs trail,

  • marathon vs ultra,

  • terrain roulant vs montagne,

  • stratégie de course.


Un FE très élevé est un atout majeur en ultra, mais peut être secondaire sur des formats plus courts où l’intensité prime davantage.


À retenir

Le facteur d’endurance est :

  • un excellent outil de lecture du profil,

  • un guide précieux pour orienter l’entraînement,

  • mais jamais une fin en soi.


Sa véritable valeur réside dans sa capacité à aider le coach et l’athlète à faire les bons choix, au bon moment, en tenant compte du contexte réel de la préparation.


C’est précisément dans cette capacité d’interprétation, de hiérarchisation et d’individualisation que l’accompagnement prend tout son sens.


  1. Conclusion

Le facteur d’endurance permet de porter un regard différent sur la performance en endurance. Il ne cherche pas à remplacer les indicateurs classiques, mais à mieux comprendre ce qui se passe lorsque la durée devient le principal juge de paix. Là où la VMA ou la vitesse maximale décrivent un potentiel, le facteur d’endurance éclaire la capacité à l’exploiter dans le temps.


En trail et en ultra, cette lecture devient particulièrement pertinente. La performance ne se joue pas sur la capacité à aller vite ponctuellement, mais sur la capacité à tenir une intensité stable malgré la fatigue, le dénivelé et les contraintes mécaniques. Comprendre son facteur d’endurance permet ainsi d’identifier plus finement ses forces, ses limites et surtout les leviers réellement prioritaires à l’entraînement.


Pour autant, le facteur d’endurance ne doit jamais être utilisé isolément. Il prend tout son sens lorsqu’il est intégré dans une vision globale : charge d’entraînement, contexte de la saison, tolérance mécanique, récupération, expérience et objectifs. C’est cette lecture d’ensemble qui permet de construire une progression durable, cohérente et individualisée.


Interpréter correctement le facteur d’endurance, orienter l’entraînement en conséquence et ajuster les contenus dans le temps demande plus qu’un simple calcul. Cela suppose de croiser les données avec le vécu de l’athlète, ses sensations, ses contraintes et la réalité du terrain.


Chez Ibex, l’accompagnement repose précisément sur cette approche. Les coachs sont à la fois formés, pratiquants et expérimentés, capables de relier les modèles physiologiques à la pratique réelle du trail et de l’ultra. L’objectif n’est pas d’appliquer des recettes toutes faites, mais de structurer l’entraînement autour du profil individuel, en tenant compte du facteur d’endurance, du potentiel, de la charge tolérable et de l’équilibre de vie.


S’entraîner avec Ibex, c’est bénéficier d’un cadre clair, d’un regard critique sur les indicateurs, et d’un accompagnement qui aide à faire les bons choix au bon moment — pour progresser durablement, sans brûler les étapes, et en restant aligné avec ses objectifs.


Structurer sa préparation avec Ibex outdoor

Chez Ibex outdoor, chaque accompagnement s’adapte à votre rythme, vos contraintes et vos ambitions. Qu'importe votre objectif ou votre niveau, notre mission reste la même : vous aider à progresser durablement, sans perdre le plaisir de courir.




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