L’hiver quand on est cycliste : le meilleur moment pour l’entraînement croisé ? 🚵🏼
- Simon Tissier

- 12 nov. 2025
- 6 min de lecture
Quand les dossards s’espacent et que la météo impose son rythme, l’hiver devient un terrain idéal pour consolider ce qui fait tenir sur la durée : un socle aérobie large, une force utile, une santé osseuse plus robuste et une gestuelle plus économe. Croiser l’entraînement ne remplace pas le vélo : cela complète ce que le vélo fait peu (impact, force maximale, stabilité du tronc) et stabilise ce qu’il fait très bien (endurance), pour arriver au printemps plus solide et plus disponible pour la spécificité.
Dans cet article, nous clarifions pourquoi l’hiver est le moment privilégié pour croiser intelligemment (cadre Z1–Z2 sous SV1), ce que chaque brique apporte — renforcement, course à pied, ski de fond — avec leurs précautions, comment ordonner la semaine sans casser le fil cycliste, et quelles erreurs fréquentes éviter pour transformer ces mois froids en vrai levier de progression.

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Pourquoi l’hiver s’y prête ? 🕵🏼
D’abord parce que la contrainte de performance immédiate est moindre. On peut consacrer l’essentiel du temps à Z1–Z2 (sous SV1) pour élargir la base, tout en insérant des briques transversales qui corrigent des angles morts. Ensuite, parce qu’un hiver « blanc » expose au désentraînement : en quelques semaines, on observe une baisse de volumes d’éjection, de capacité d’utilisation d’oxygène, de puissance soutenue et d’économie de mouvement. Maintenir un fil de charge facile et ajouter des stimuli structurants limitent ces pertes et facilitent la reprise spécifique.
Enfin, beaucoup de cyclistes présentent une densité minérale osseuse plus faible que d’autres sportifs d’endurance ; intégrer de l’entraînement en charge (course à pied raisonnée, pliométrie contrôlée, musculation) est un investissement santé autant que performance.
Ce que chaque brique apporte (et comment la doser) 🧱
Le renforcement : la brique prioritaire de l’hiver
La littérature est convergente : ajouter un travail de force lourd à l’endurance améliore la puissance soutenue, l’économie de pédalage et la capacité à tenir l’intensité en fin d’effort, chez hommes et femmes entraînés. Les mécanismes sont connus : meilleure recrutement neuromusculaire, meilleure transmission de force au pédalage, réduction du coût énergétique à une puissance donnée. Bien conduit (charges lourdes, faibles répétitions, récupération complète), le renfo ne s’accompagne pas nécessairement d’une prise de masse problématique : le stimulus est nerveux avant d’être hypertrophique.
Cadre Ibex (indicatif) : 1 à 2 séances/semaines sur 8–12 semaines, avec des mouvements de base maîtrisés (squat, hip trust, dead lift). Travaillez 3–5 séries de 3–6 répétitions lourdes, tempo contrôlé, qualité technique prioritaire. Placez ces séances loin des blocs intenses vélo (J+2, par exemple) pour limiter l’interférence endurance/force. En fin de cycle, « convertissez » par quelques rappels de force-vélocité (surbraquet court, cadence basse, Z2) et des départs assis contrôlés.
À surveiller : la fatigue retardée des quadriceps/ischios après les premières semaines. Adaptez les charges, gardez une progressivité stricte et évitez de cumuler renfo lourd + séance hautes intensités vélo dans les 24–36 h.
La course à pied : impact utile, transfert mesuré 🏃🏼
La course apporte ce que le vélo ne donne presque pas : des charges d’impact bénéfiques pour l’os et les tissus conjonctifs, une séance cardio dense en peu de temps, et une diversité gestuelle. Le transfert direct à la performance cycliste est partiel (principe de spécificité), mais la base aérobie se maintient efficacement, et la santé musculo-squelettique y gagne. Plusieurs revues montrent des DMO plus basses chez les cyclistes exclusifs : 1 à 2 footings faciles par semaine est un levier simple pour « rééquilibrer » le profil mécanique.
Cadre Ibex (indicatif) : 1–2 footings Z1–Z2 de 20 à 40 minutes, terrain souple, chaussures maximalistes, progressivité très stricte pour les cyclistes « néo-coureurs » (la réponse excentrique et les DOMS peuvent surprendre). Finalité : entretenir le cardio, exposer l’os et les tendons à une charge contrôlée, sans chercher la vitesse.
À surveiller : les signes de surcharge (tendons d’Achille, fascia plantaire). Si une gêne persiste >48 h, réduisez la durée, augmentez la récupération, puis repartez plus bas.
Le ski de fond : volume facile intelligent 🎿
Le ski de fond (classique ou skating) est un formidable outil de volume facile l’hiver : sollicitation aérobie élevée, implication du haut et du bas du corps, impact limité. Les travaux sur les sports nordiques montrent que le couple endurance + force bien mené améliore également l’économie et la capacité à soutenir l’allure. Pour un cycliste, c’est un moyen de charger sans user la chaîne postérieure dans la même posture, tout en travaillant la coordination.
Cadre Ibex (indicatif) : séances majoritairement sous SV1, avec une gestuelle propre (prises d’appuis, stabilité bassin/ceinture scapulaire). Conservez 1 rappel Z4–Z5 à vélo dans la semaine pour ne pas « perdre la jambe ».
Autres compléments utiles 👀
Rameur : excellent cardio « tout corps », utile en remplacement d’une séance vélo indoor si la lassitude guette.
Mobilité ciblée : chevilles, hanches, dorsales ; elle fluidifie la position vélo et diminue les compensations.
Pliométrie contrôlée : uniquement pour profils tolérants et encadrés, en micro-doses (bondissements bas, sauts contrôlés), pour stimuler l’os et l’élasticité.
Comment organiser sans casser le fil cycliste 🚵🏼
Le vélo reste l’ossature : beaucoup de Z1–Z2 (sous SV1), un accent court en Z4–Z5 si la fraîcheur est là, et des jalons techniques (vélocité, appuis, couple). Autour, 1–2 renfos et 1–2 créneaux cross-training (course/ski/rameur) viennent en complément, pas en substitution de la sortie clé vélo. Évitez la proximité renfo lourd ↔ intensité vélo.
Par exemple :
Lundi : renfo lourd bas du corps ;
Mardi : vélo Z1–Z2 ;
Mercredi : course facile 30′ + mobilité ;
Jeudi : home trainer structuré avec bloc Z4–Z5 ;
Vendredi : off/PPG ;
Samedi : sortie vélo longue Z1–Z2 ;
Dimanche : ski de fond Z1–Z2 (ou vélo facile si pas de neige).Ce n’est qu’un cadrage : on module selon votre disponibilité, la météo et les signaux.
Progressivité & priorités : Si la force en fin de bosse manque, priorisez le renfo (charges lourdes, technique soignée). Si l’historique de fractures de fatigue ou la DMO inquiète, priorisez impact mesuré + renfo et faites relire votre bilan par un pro de santé. Si la motivation flanche indoor, conservez un mix (rameur, course, ski) qui entretient le plaisir sans diluer la structure.
Maintien de la spécificité : Le principe de spécificité rappelle que la performance se gagne dans le geste mais qu’on la soutient par des qualités transversales. Gardez chaque semaine un rendez-vous vélo « signature » (ex. vélocité propre, travail de couple assis, descente technique si météo OK) pour rester « branché » sur la mécanique cycliste.
Erreurs fréquentes… et parades simples ⚠️
Tout basculer en « zone grise » (Z3) : confort d’allure qui épuise pour un faible retour. Parade : 80–90 % facile, des accents clairs et rares, et du renfo séparé.
Renfo volumineux « métabo » (circuits épuisants) en pensant « faire du cardio » : vous cumulez la fatigue sans stimulus nerveux utile. Parade : peu de répétitions, charges lourdes, récupérations longues, technique.
Course à pied trop vite : envie de « sentir le cardio » → blessures. Parade : terrain souple, Z1–Z2 stricte, 20–40′, patience.
Semaine sans respiration : tout au même rythme, mêmes parcours, mêmes durées. Parade : micro-variations (cadence, terrains), une vraie journée très facile ou off, et des check-ins simples (RPE, qualité du sommeil).
Ce que ça change au printemps ✅
Un hiver structuré de cette manière vous rend plus économe à puissance donnée, plus résistant à la fatigue périphérique, plus stable sur le vélo (tronc/hanche), et mieux protégé côté os et tendons. Surtout, il vous laisse disponible pour les blocs spécifiques : au lieu de « reconstruire la base » en urgence, vous spécifiez sur un socle déjà haut. La charge mentale est plus basse, la constance plus élevée, et la progression plus lisible.
Notre vision 🚀
Notre rôle est d’installer une trame claire et réaliste dans votre vie : beaucoup de Z1–Z2 au vélo, des accents Z4–Z5 au bon moment, un renfo techniquement propre, un cross-training qui a du sens pour votre contexte, et une boucle d’échanges courte pour ajuster sans délai. On pilote avec des repères reproductibles (RPE, FC, constance hebdo, dérive cardiaque en endurance facile) et, si utile, des indicateurs complémentaires (VFC nocturne en tendance) dans des contextes particuliers (retour de blessure, charge de travail élevée, haut-niveau).
Structurer sa préparation avec Ibex outdoor
Chez Ibex outdoor, chaque accompagnement s’adapte à votre rythme, vos contraintes et vos ambitions. Qu'importe votre objectif ou votre niveau, notre mission reste la même : vous aider à progresser durablement, sans perdre le plaisir de courir.
Références (sélection, pour aller plus loin)
Force & performance cycliste : Rønnestad BR & Mujika I. Strength training for endurance cyclists (revues et essais) ; Beattie K. et al. Strength training in endurance athletes ; Vikmoen O. et al. Femmes cyclistes et gains de puissance/économie.
Interférence force–endurance : Wilson JM. et al. Concurrent training effects (méta-analyses).
Spécificité / cross-training : Millet GP. et al. Cross-training and transfer in endurance sports (revue).
Désentraînement : Mujika I. & Padilla S. Detraining in endurance athletes (revue).
Santé osseuse du cycliste : Olmedillas H. et al. Cycling and bone health ; Tenforde AS. et al. Bone stress in endurance athletes ; Nichols JF. et al. BMD in competitive cyclists.
Sports nordiques : Losnegard T. et al. Strength training and economy in cross-country skiing.



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